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Nathanaël

je vais conter une histoire... je l'appellerai Nathanaël, notre histoire.

Il était une fois, voici fort fort longtemps, un endroit, où vivaient des gens, comme vous et moi....
Ni bons, ni méchants...
ils existaient, naissaient, riaient, pleuraient, exaltaient leur joies, soupiraient leurs peines, travaillaient, se reposaient, aimaient, se haïssaient et mourraient, comme nous.

Qui étaient-ils ?

Aïe ! ma soeur ! Misère, mon frère ! Nous l'avons oublié !

Leur nom ?

Pauvrets, sommes-nous : nous ne le savons plus !

Où sont leurs mots et leur chants ?

Ils se sont perdus, égarés, au fil des chemins. 

Pourtant, dans mon sang, et, dans le tien, ma soeur, mon frère , ils sont, toujours, vivants. Tant que,  quelqu'un chantera cette histoire, nous serons les fées et les magiciens, qui ouvriront la  porte invisible, qui nous mène, vers eux.

Dresse l'oreille, ma soeur ! Touche ce bruissement !

Ouvre-leur, ta porte, mon frère ! Goûte leur musique !

Ecoute !

Je suis celui, qui marche, dans  la forêt chantante, je suis celle, qui caresse le vent rieur. La forêt, le vent, les ruisseaux, le ciel sont miens, et, je suis eux : nous respirons, comme un seul coeur.
Avant, je vivais, dans la plaine... nous courrions libres, insouciants et heureux... Les autres sont arrivés... Nous avons tendu notre main, ils n'ont pas compris... L'avidité rongeait leur coeur...
Nous sommes partis, vers toi, ma soeur, la forêt. Ils n'ont pas saisi, pourquoi, nous laissions nos biens, derrière nous. Mais, la liberté est notre bien. 

Toi, ma soeur la forêt, tu as ouvert des abris, au coeur de tes enfants, nos âmes-frères : les arbres. Nous avons dansé, dans leurs branches et effleuré leurs faîtes, d'un pas léger. 
Tu nous as donné tes fruits, tes champignons, tes plus petits, avec des poils et des plumes, pour apaiser nos faims, tes sources pour boire, et, nous purifier, des herbes, pour nous soigner. Nous avons occis, tes enfants les loups, pour nous vêtir... Pour cela, certains, nous ont surnommé les enfants du loup. Nous sommes entrés, au plus profond de toi, nous sommes devenus toi, et invisibles, aux yeux de tous. Désignés par d'autres, comme farfadets, elfes ou sorciers, nous ne savions plus le nom  de notre origine.
Mais, d"autres, toujours différents, sont arrivés, de plus en plus nombreux... ils ont chassé les premiers autres.... cela est devenu un éternel départ, toujours plus loin, toujours tristesse. Jamais, chez nous...

Nous nous sommes enfoncés, de plus en plus loin, dans ton coeur, ma soeur sylvestre bien-aimée....
La peur nous gouvernait.
Lorsque les autres s'incrustaient, trop prés, nous les traitions moins bien, que tes enfants les loups. Nous avons pris leur vie et, la nôtre s'est couverte d'un voile de tristesse.
Le chant de notre coeur est parti, au loin, si loin, si loin...
Où-t-il parti, mon frère, ma soeur ? 

La nuit la plus courte de l'année nous surpris, une année...
Nous avions oublié, comment compter le temps.
Toutefois, nous n'aimions guère cette nuit : trop longue, bien que ne sachions plus, pourquoi.

D'autres ont chassé les autres, qui avaient chassé les autres , qui, eux-mêmes, avaient poursuivi les premiers autres. Pourquoi ? Voilà, ce que nous murmuraient le vent, l'eau et les cailloux. Comment chuchoter une réponse, que l'on ignore ?

La longue nuit est arrivée. Nous nous sommes blottis, dans le coeur, de chacun de tes enfants, craignant nos rêves, de cette longue nuit. Savions-nous, que tu allais nous clamer une nouvelle chanson ?
Ma soeur, mon frère, connais tu la réponse ? 

Nous avons entendu un tumulte, des cris, des pleurs. Nous avons pris les armes. Femmes , hommes et enfants, tous, nous sommes partis, laver notre soeur, par le sang. 

Dans une clairière, ils étaient là ! Trop ! Beaucoup pleuraient, connaissaient-ils nos intentions ?
L'un d'eux nous a vu. Il n'a pas point pleuré. Son regard nous a envoûté, comme une flamme.
Figés, nous sommes devenus, était-il un de ces sorciers, dont la pluie susurrait l'existence ? D'un pas ferme et sans peur, d'un élan, qui a nous un murmuré un chant, il a tendu une main ouverte. 

Non ! C'était un autre, qui avait couru libre, et, demandait, à notre soeur la forêt, de l'adopter. Un autre invisible avait surgi, là-bas.... une autre qui s'appelait peste...  

Nous, ceux, que certains dénigrent, comme les enfants du loup, avons tendu la main, ouvert nos bras, nos coeurs, à lui et aux siens. Nos abris, nous avons partagé, tout comme tes fruits et ton eau, ma tendre soeur Forêt. Tes herbes, nos rabouteux en ont usé, pour bouter l'autre invisible, la vilaine qui mord sans discernement, loin de toi e,t de nous tous. Notre sang s'est mêlé, au leur. Leur langue, leur histoire, leurs coutumes sont devenues nôtres. 

Nous avons perdu cette nuit-là, notre langue, notre histoire, nos us et nos noms, mais, nous gagné des soeurs et des frères... Nous avons retrouvé le chemin, qui mène à l'humanité. Certains des nôtres et des leurs sont redescendus... ils ont égaré ta douce aubade. D'autres sont restés, plus longtemps...
Au fil du temps, nos enfants entendent le son de la liberté, dont on fracasse les pieds, alors, ils volent, vers toi, ma soeur, la forêt, et, se jettent, dans ton sein. Ils patientent, se transforment en enfants du loup, et, fredonnent liberté, dans une langue obscure. Lorsque le clairon de la liberté tintinnabule, ils se ruent, vers ceux, qui leur sont chers... ils t'oublient, soeur forêt !

Nous entendons, toujours, ton chant, ma soeur forêt. que murmure-tu, mon frère, le vent, quelle est cette comptine, que tu nous serine, ma soeur la roche, et, quel ce tambourinage, ma soeur la cascatelle ? 

C'est ta liesse, de nous savoir retrouvé, dans l'humanité...

Mais, qu'est ce donc, que je t'entrevoie ? cette ombre là  ?
C'est Nathanaël, le frère de la longue nuit, celui qui a tendu ouvert la main...
Il rit... il est heureux, notre frère, à jamais, dans ton coeur, ma soeur, la forêt...  libre, dans ton coeur, ma tendre mie sylvestre...  D'autres semblent s'égayer, comme lui, qui sont-ils ? est ce un songe ? Nous ne le voyons pas, les verrons nous, lorsque nous passerons l'ultime porte ? Nathanaël nous babille que oc et, oui-da. Si seulement, nous pouvions goûter, ce rêve, ou ce demain... 
Notre coeur soupire...

ma soeur, mon frère, entend-tu, Nathanaël ? On l'appelle aussi Naël, ou Noël... Chut : écoute, il te fredonne une ritournelle éternelle.....

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