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HISTOIRE DE L'ESCARGOT QUI VOULAIT TRAVERSER LA RUE

Ce  jour-là,il faisait une chaleur écrasante et le chien chien Brutus 



dormait dans un coin d'ombre, au bord du trottoir. Il fut réveillé brusquement, par un chatouillement au bout du nez, et, se mit à éternuer bruyamment : "  

  • Par exemple : d'où sors-tu, toi ? ronchonna-t-il "

C'était un petit escargot, un tout petit escargot, un tout petit escargot qui l'avait frôlé du bout de ses cornes.




  • je sors d'une feuille de laitue, c o m p r e n d- t u ? répondit l'escargot.

son langage était lent, très lent, comme lente sa démarche.  

  • Et, où vas-tu ? continua Brutus
  • J e  v e u x  t r a v e r s e r  l a   r u e,  c o m p r e n d s - t u  ? reprit paisiblement l'escargot

Brutus devait se rendre compte par la suite, que l'escargot finissait toujours ses ses phrases, par ces mots : "comprends-tu ?" ou "comprenez-vous ?".
Il ne faut pas croire pourtant qu'il prenait ses interlocuteurs, pour des idiots.
Non, c'était sa façon à lui, de perdre son son temps et celui des autres.
Le temps pour lui, c'était une chose à perdre ou à prendre, jamais une chose à gagner.
Mais, avec ses "comprends-tu ?", il finissait, par vexer des tas de gens :"

  • Pourquoi veux-tu traverser la rue ? reprit Brutus
  • Pour  aller  de  l'autre  côté,  c  o  m  p  r  e  n d  s - t u   ?
  • Evidemment ! explosa Brutus. Mais, que comptes-tu aller faire, là-bas ?
  • Ceci  est   mon   secret ,  et,  tu es  trop   curieux,   c   o   m   p   r    e   n   d   s  - t  u ?
  • Me prends-tu pour idiot  (quand je vous disais que tout le monde finissait par se fâcher !)

Effrayé, l'escargot rentra ses cornes et recroquevilla, dans sa coquille
Brutus grinça des dents, mais, se contint : "

  • tu sais, rapide comme tu m'as l'air, je crois que tu n'es pas près d'y arriver, au trottoir d'en face.
    Tu ferais mieux de grimper, sur mon dos, et, en trois sauts, je t'y emmène.
  • Merci, beaucoup, c'est très aimable, à  toi.  M a i s, je  préfère y aller par mes propres moyens,  c o m p r e n d s - tu   ?
  • Tu seras cuit, par le soleil ou écrasé par une voiture, avant d'être au milieu de la chaussée.
  • Ce sont des choses, qui peuvent arriver. Mais, escargot, je suis, et, il n'est pas défendu, à un escargot
    de  traverser une  rue, à sa propre allure d'escargot.
  • Fais, donc, à ta tête, moi, je m'en lave les pattes, je t'ai prévenu."

 

Et, Brutus, haussant les épaules, se retourna se coucher, à l'ombre, d'un air indifférent.
Mais, ses yeux restaient entrouverts, et suivaient la lente avancée de l'escargot.
Il était si absorbé, qu'il ne vit pas arriver Turko, son ami. Il est vrai que Turko marchait sans bruit, et sans hâte, 
la queue traînante, et la langue pendante : "  

  • N'aurais-tu rien à boire ? demanda-t-il. Je meurs de soif. Avec cette maudite sécheresse, on ne trouve pas une goutte d'eau, dans le ruisseau."

Comme Brutus ne répondait pas, il s'approcha :

  • Que regarde-tu si attentivement ?
  • Un jeune écervelé, qui, d'ici un moment, aura beaucoup plus soif que toi.
  • Où cela ? Là !  Tout prés, l'escargot.
  • Ah ! Oui. Où va-t-il ?
  • Il veut traverser la rue,
  • Il est fou ! C'est ce que je lui ai dit, mais, il tient à son idée."

L'escargot était, en train de basculer tout doucement, sur le rebord du trottoir : "  

  • Il faut le raisonne, s'écria Turko." 

Turko fit deux pas, et baissa le nez, vers l'escargot, qui se laissait glisser sur la ruisseau : "

  • Tu as vraiment l'intention d'aller de l'autre côté ?
  • Bien sûr, en droite ligne. J'ai quelque chose de très important, à faire, là-bas, comprend s - tu ?
  • Oui, je comprends, mais, tu t'exposes à des dangers terribles. 
    Sais-tu que les hommes font parfois exprès d'écraser les escargots, comme ça, pour le plaisir ?
  • C'est bien possible, mais, si, on pensait toujours au danger, on n'entreprendrait jamais rien, c o m p r end s - tu ?
  • Me prends-tu pour un idiot ? (encore un qui se fâche).
  • Non, non, c'est une façon de parler, c o m p r e n d s - t u ? s'empressa de répondre l'escargot.
  • Eh, bien, fais donc à ta tête !"

Et, Turko, lui tournant le dos, s'en fut s'allonger, à côté de Brutus,
pour attendre la suite des événements.
Ils furent bientôt, cinq à six chiens, laids, sales, et mal élevés, groupés sur le trottoir,
discutant de ce qu'il fallait faire ou ne pas faire, au sujet de l'escargot : "

  • La première voiture qui passera, va l'écraser.
  • Pense-tu ! le chauffeur le verra bien.
  • Mignard comme il est ! Et, tu y crois, toi, aux chauffeurs qui se détournent pour un escargot ?
  • Il aura, peut-être, la chance de passer entre les roue.
  • Pour moi, il n'y a qu'une chose à faire : le prendre par les cornes et le ramener à sa mère.
  • Et, moi, je trouve qu'il a du cran, ce petit mollusque. Il faut le laisser faire."

C'était passionnant. Pour un peu, ils auraient engagé des paris.
Mais, à ce moment-là, une deux-chevaux arriva, et, l'escargot disparut, à leurs yeux.
Quelques secondes passèrent, puis, la troupe de chiens se mit à pousser des aboiements de triomphe.
L'escargot était toujours là, couvert de poussière, mais, vivant et entier, poursuivant sa route : "

  • C'est une chance que la voiture n'ait pasrasé le trottoir, dit turko
  • Ce sera bien beau, s'il arrive, seulement, au milieu de la chaussée, répliqua un pessimiste."

 

Les réflexions furent interrompues : "   

  • Une mobylette !"

On vit Turko s'élancer brusquement, tandis que l'homme, à la mobylette faisait un rapide crochet, pour l'éviter.
L'homme était furieux, car il avait manqué tomber. Il le montra en criant :  

  • Voyou ! Sale chien !
  • Tu n'es pas fou, dit Brutus, allons te jeter sous une mobylette !
  • Peut-être, mais, l'escargot est sauvé.
  • Oui, mais, ce n'est pas un coup à recommencer... Attends donc, tu viens de me donner une idée.

Brutus se leva, s'étira, bâilla, puis, descendit tranquillement, sur la chaussée,
et, vint s'asseoir sur son derrière, juste devant l'escargot : "

  • "Si tu passais de l'autre côté, je serais, à l'ombre , comprends - t u ? dit l'escargot, sans s'émouvoir.
    Mais , pourrais-tu m'expliquer ce que tu viens faire, ici ?
  • Je viens à ton aide, comme un imbécile, que je suis.
    Car, je sens bien que si je ne m'en mêle pas, tu seras bientôt réduit, à l'état de pâté d'escargot."

Sur le trottoir, c'était une discussion   : "

  • Que veut faire, Brutus ?
  • Tu n'as pas compris, qu'il s'est planté là, pour détourner les voitures ?
  • Ah ! oui, eh, bien, je ne donnerais pas cher de sa peau, dans un moment.
  • Ca risque de durer longtemps ce petit jeu.  vois, l'escargot n'est pas encore au milieu de la chaussée,
    et, il y a près d'heure, qu'il est parti.
  • Eh,bien, si vous croyez que je vais rester là, encore une heure, pour un escargot obstiné !
    Restez, si ça vous chante, moi, je vais chercher quelque chose à boire. Turko a toujours autant soif).
  • Bonne idée ! Rapporte, donc, une goutte de Pschitt, à ce pauvre mollusque ;
    sans quoi, il va bientôt ressembler, à une vieille cacahuète."

 

le temps passa, les voitures, les mobylettes et les vélos aussi...
Et, plus d'un jura, après ce chien planté, sur la chaussée, très occupé à se gratter les puces.

  • Voyou de chien !

l'escargot poursuivait sa route, sans secousses et : "

  • Ma foi, on dirait qu'il va s'en tirer.
  • Grâce à Brutus.
  • Il est bientôt arrivé, au trottoir d'en face.
  • Si, j'avais su, je serai parti. ça n'a rien d'excitant, la traversée d'une rue, par un escargot."

A ce moment, arriva la voiture de livraison des Ets "BANFER", chargée de caisses pleines de bouteilles
d'eau minérales, de limonade, bières et de jus de fruits.
Le chauffeur surpris donna un brusque coup de frein, provoquant une collision, avec une voiture, qui le suivait.
Les passants se mirent à crier, les chiens à hurler, les bouteilles dégringolèrent, et, se brisèrent, sur la chaussée.

Les chauffeurs descendirent de leur véhicules, et, se lancèrent des injures.

  • Maladroit, idiot !
  • Idiot, vous-même ! Vous n'avez donc pas ce chien. Vaurien ! Sale cabot 
  • Sale cabot ! Allez donc apprendre à conduire. Eh ! Chauffeur du dimanche !(C'était Brutus et ses amis qui ripostaient)
  • Ma  parole, quel quartier ! D'où sort cette bande de chiens miteux ? A la fourrière !" 
  • Quel vacarme ! Dans une accalmie, on entendit Turko : "
  • Quelle veine ! Enfin, quelque chose à boire ! "

 

Pendant cette tempête, l'escargot avait continué son chemin, comme  quelqu'un de complètement étranger aux événements,
et quand il parvint, enfin, sur l'autre trottoir, tout s'était calmé : "

  • Eh, bien, dit Brutus, tu es content, t'y voilà. Alors, dis-moi, maintenant, que viens-tu faire ici ?
  • J e...  J e  n e  s a i s   p a s.
  • Tu ne sais pas ?
  • Il y a si longtemps que je suis  parti, et, il s'est passé tant de choses, que j'ai oublié,  c  o  m  p  r  e  n  d  s  -  t  u  ?
  • Par exemple  :
    • Un homme blessé ! 
    • trois pattes cassées, chez les chiens !
    • les jus de fruits et la bière, qui s'en vont au ruisseau ! 
    • mes copains qui se font insulter !
    •  moi qui risque ma vie !
    • tout ça pour un misérable mollusque qui perd la mémoire en marchant !!!!
  • Ne te fâche  pas.  Je  vais retourner de l'autre côté , demander, à ma  mère, et, j e reviendrai,  comprends  -  tu   ?
  • Ah ! Non ! ça suffit comme ça. Je vais t(y ramener de l'autre côté, moi, vers ta mère, et, tu y resteras ou, 
    je te jure bien que moi, Brutus, je te ferais passer pour toujours le goût des promenades."

Et Brutus saisit l'escargot, entre ses dents, avec grande envie de le broyer,
et, je vous jure bien que jamais, on ne vit mollusque traverser une rue, à pareille allure. 

FIN

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Commentaires (2)

1. claudie belloni 22/05/2011

J'ai apprécié la simplicité, la pointe d'humour,c'est une lecture agréable.

Il faut continuer

Amitiès

2. Michael Penn 23/09/2010

Bonjour,
C'est mignon ! sans plus.
Je n'ai pas vraiment ressenti le suspense de cette traversée inconsciente (exemple : les roues qui lui frisent les cornes ou la voiture qui passa si près qu'il en fut renversé...)
Il faudrait apprendre à utiliser le mode "justifier" afin que le texte soit plus présentable. Il me manque des fins de phrases ! Il faudrait aussi mieux se relire (fautes !)
Continue ! Et bonne chance pour la suite.

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