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Introduction :
On a tous eu des professeurs performants et passionnés par leur métier, grâce à qui, nous avons adoré l’école, mais comme, dans toutes les professions, il existe, des professeurs, qui, eux détestent leur travail, et, ne donnent pas envie d’apprendre, voire, le désir de vivre…..
Toutes ressemblances, avec une personne ou au lieu existant ou ayant existé, sera purement fortuite et est indépendant de ma volonté.
l'auteur tient à mentionner, qu'il désapprouve toutes formes de violences : meurtres, violences physiques ou verbales, viols, destructions de biens matériels, tortures, peine de mort.
Cette histoire est dédiée, à tous mes professeurs, instituteurs ou formateurs, qui m’ont tant appris et m’ont permis de devenir, ce que je suis, ainsi qu’à tous mes camarades de classe et de formation, qui m’ont réappris le rire….
chapitre I : La salle de torture
Les élèves se sont posés, devant le numéro de leur classe, inscrit sur le goudron, dans l’immense cour du collège. Ils attendent leur professeur, en retard, comme d’habitude.
Mais ils sont guère pressés de la voir arriver et, seraient ravis, de son absence.
Là, voilà, qui arrive :
Ce professeur mesure avec ses talons aiguilles, un mètre et cinquante-cinq , sa corpulence se situe, dans les normes. Elle porte, sempiternellement, la même coupe, au carré. Blonde, virant châtain clair, je qualifierai la couleur de ses yeux : verts serpent. Elle s’habille, en veston tailleur et jupe mini sombre. Sa démarche évoque des piqûres saccadées. Peut-être, que mon imagination travaille trop, mais, cela donnait la sensation de minuscules blessures infligées, au sol.
Aujourd’hui, elle a choisit de porter un chemisier, d’un rouge vermillon très agressif, avec un col pointu, et, des boutons noirs. Cela accentue l’aspect sévère et dur de son ensemble.
« -Dommage, et, bonjour, galère…. pensent les élèves… »
Ils prennent leurs sacs et cartables, et, suivent Mademoiselle Sergent, en traînant les pieds. Ils passent les portes vitrées, et, montent les escaliers.
Voici la classe numéro 102A, ils entrent l’antre de la torture.
Figés dans le position de debout, à côté de leur bureau, mains dans le dos, ils attendent, dans le silence le plus complet, que Mademoiselle leur donne l’autorisation, de s’installer sur leur chaise.
«- Assis ! ordonne-t-elle » d’une voix sèche et cassante
Inutile d’espérer un bonjour de sa part, un poisson aurait droit à plus d’humanité de sa part.
Lorsqu’elle s’assoit, enfin, les élèves se figent, ils attendent le couperet qui va tomber.
Qui va avoir droit à ses foudres ?
Elle a besoin de défouler sur quelqu’un. Ils le savent très bien. Après, ils pourront respirer.
« - Mademoiselle Solène, votre classeur….. dit-elle.»
Solène s’approche, jambes flageolantes, c’est son tour, elle n’y coupera pas.
Le professeur procède, à un examen méticuleux du classeur. Solène sait que dans un premier temps, Mademoiselle Sergent va regarder l’aspect de chaque feuillet recto et verso. Elle vérifiera le classement, l’écriture et, si cela a été souligné, suivant ses consignes. Solène sent des gouttes de sueur froide couler le long de son dos.
Mademoiselle Sergent stoppe son étude. Elle a déniché quelque de chose, qui lui déplait. La jeune fille, d’où elle se trouve, constate avec horreur, que l’un des feuillets ne tient plus, qu’a un fil aux anneaux du classeur. Mademoiselle exige de ses élèves, que chaque feuillet soit muni, pour chaque perforation, d’un œillet recto et verso. Imaginez sa fureur, en constatant, que les œillets sont déchirés, sur le feuillet en question. Solène essaye de rentrer en elle-même, comme pour parer un coup.
La sentence tombe sèchement :
« - allez me chercher votre carnet de liaison, Mademoiselle « sans soin », tonne le professeur »
Solène va chercher son carnet de liaison, la gorge sèche, et, le lui donne, mais reste, à distance prudente. Avant les vacances de Toussaint, elle a commis cette erreur de se tenir, trop près. Quelle n’a été sa surprise, en voyant des petites bêtes se promener, sur les cheveux du professeur, et, que dire, de celle de sa tante, en constatant, à la fin des vacances, que la chevelure de Solène était infestée par les poux. Eh oui ! Pour la première fois de sa jeune vie, Solène avait attrapé des poux.
« -je vous colle un zéro et j’inscris une punition, dans votre carnet, que vous ferez signer, à vos parents. Voici votre punition : vous me ferez une rédaction, dont voici le sujet : trois petits pois sont rouges.
Surprenant le regard surpris de Solène, elle ajoute :
- je ne pense pas à des poissons rouges, mais, à des pois, qui seraient rouges, n’attendez pas de notes, c’est pour ma satisfaction personnelle. »
Solène s’en tire bien….
D’autres ont eu moins de chances, plusieurs heures de colles, convocation des parents….
Mademoiselle clame :
« Prenez votre BLED, vous faites les exercices de la page 40 à la page 50 et,.. je veux le silence complet. »
Certains élèves se regardent, avec inquiétude et, d’autres retiennent un soupir. Comment tout terminer, en une heure ?
Pendant ce temps, l’enseignante commence à se laisser en arrière, comme, à son habitude. Lorsque, les deux pieds du devant, de la chaise quitte le sol, le dossier entre en contact, avec le mur. Elle adore cette position.
Cette fois, cela ne déroule pas, comme d’habitude. La chaise bascule, sur le côté gauche, et, la nuque du professeur vient heurter l’angle de la réglette située, en bas du tableau. Mademoiselle Sergent tombe.
Les élèves commencent à rire. Souvent, une chute inattendue déclenche le sourire, voire le rire.
Mais les rires cessent bientôt…. Le prof ne bouge pas, et, n’a émis aucun son. Inquiet, le délégué s’approche, avec hésitation.
« - Madame, dit-il, d’une voix mal assurée ». Toujours aucune réaction. Il penche et secoue le bras et en répétant plus fort « madame ! ». Toujours rien.
Il se tourne, vers son alter-ego, lui dit d’aller chercher le professeur, de la salle d’à coté.
Celui, part comme une flèche…entre sans frapper…. Son air agité stoppe net les remontrances, qui commençaient à sortir de ses lèvres de l’enseignant.
« Monsieur Thibaud, v’nez vite ! Mademoiselle Sergent est tombée et elle bouge plus ! ». Il tourne les talons, et, M. Thibaud le suit.
Il entre, lui aussi essaye de « réveiller », mademoiselle Sergent…. Aucun résultat. Il constate, qu’aucun souffle ne semble gonfler la poitrine, tâte le pouls, et ne sent aucune pulsation. Alors, il remarque l’angle bizarre, que fait la nuque.
Un frisson l’agite, de la tête aux pieds. Elle est morte.
Il se tourne, vers les deux délégués de classe, et, leur intime, d’aller chercher, à l’un, le principal et à l’autre, le conseiller d’éducation. Il sort son portable et viole sans remord, le règlement, en l’allumant. Il fait le 112. A la personne, qui lui répond, il demande d’une voix moins assurée, que d’habitude, d’envoyer les pompiers, la police, la gendarmerie…. Affolé, il perd ses moyens. Cela commence à paniquer les élèves (les siens et ceux de la salle 102A). Son interlocuteur tente de le calmer et d’obtenir des précisions, en vain. Il ne cesse de se répéter.
Le Principal et le conseiller d’éducation arrivent simultanément. Le Principal prend le portable, il a vite compris, en voyant le corps, sans mouvement apparent, que la situation était grave. Pourtant, d’un ton calme et assuré, il donne l’adresse et tous les renseignements nécessaires et raccroche. D’un geste, il intime l’ordre d’évacuer la salle. Le conseiller d’éducation conduit les élèves, en salle d’étude.
chapitre II : une seconde d'Eternité
les policiers arrivent, toutes sirènes hurlantes ! Même l'inoncent tremble ! le temps s'est arrêté ! chaque seconde ressemble à l'éternité.
Solène a peur... c'est plus que de la peur... c'est l'impression, que tout s'écroule !
Personne n'ose se regarder... ne souffle mot...
Solène entend son coeur résonner, elle a le sentiment, que tout le monde entend ce bruit... elle sait n'avoir rien fait.... mais, elle était là, lorsque le professeur est tombée et est morte... quelle horreur... Que vont dire sa tante, son oncle et leurs enfants ? ses parents sont morts... depuis bientôt cinq longues années... pour elle, c'est hier, qu'elle les a vu fauchés, par une voiture, au cours d'une promenade, en vacances... elle ne peut pas les oublier... même si, son papa était bizarre et, sa maman, trop souvent triste.... sa tante l'a prise, chez elle, ainsi que son frère... mais, on lui a vite fait comprendre, que ce ne serait jamais chez elle...
Pour elle, jusqu'à cette année, l'école, c'était le paradis... Mais, cette année, sa cinquième, c'est différent, aucun ami ou amies... des autres prêts, à tout pour faire tourner les professeurs, en bourrique. Solène n'est guère aimée, par ses camarades (enfin, c'est ce qu'elle ressent) et est la tête de turc, de plusieurs de ces professeurs... pourquoi ? elle l'ignore ( et pense que si ces parents étaient là, cela ne se passerait pas comme cela)... C'est, surtout, son professeur de mathématiques, qui semble avoir une dent contre elle... Solène ne comprends pas, comment agir, pour stopper cette hostilité. Mademoiselle Sergent semble avoir emboîter le pas, au professeur de mathématiques... après cela, a été le professeur de sciences naturelles (qui est aussi, le professeur de travaux manuels) et, le dernier tortionnaire, le professeur de gymnastique... les deux seuls professeurs sympathiques, avec Solène, sont le professeur d'Anglais, Madame Cotaire et Monsieur Revol, son professeur d'histoire, géographie et instruction civique... Solène adore l'histoire, même cette année, elle est toujours aussi passionnée... Par contre, elle est, complément, fâchée, avec la géographie... les cartes (enfin, les dessiner), ce n'est pas son truc.. Son professeur d'Anglais est tellement passionnée, que Solène s'est prise, au jeu...
Mais, cela allait tellement mal, à l'école... que Solène a déjà fugué, deux fois... elle n'a plus de paradis réel, à l'école... trop souvent, c'est la peur qui lui tient compagnie. la première fois, sa tante a passé l'éponge. Mais, la deuxième fois, son oncle l'a corrigée, de belle façon... il s'est arrêté, lorsque Solène n'a plus bougé... elle avait des bleus, de partout, et, avait saigné du nez... elle a eu, aussi, un avertissement, à l'école.
Cette mort ne l'arrangeait pas. Son oncle allait sûrement jouer, au tortionnaire... même, si Solène ne comprends cette mort, cette chute... cela importerait peu, à son oncle qu'elle soit coupable ou non... un prétexte pour lui faire mal...
elle a peur de la police et des juges. elle se sent coupable, pourtant, elle n'a rien fait. Mais, la pensée de son oncle l'épouvante !
Solène et ses camarades voient, les girophares des pompiers et des forces de l'ordre clignoter,à l'extérieur. On s'agite beaucoup, dans la cour... le cours a débuté, vers neuf heures environ, et, il est bientôt dix heures, la sonnerie de fin de cours, va bientôt tinter.
Solène a toujours, aussi peur... les deux pions font des allers-retours, dans chaque rangée. ils ne se sont pas arrêtés, une seule fois. De temps en temps, ils fixent un élève... Vous savez, ce regard qui vous scrute, avec attention et accusation... ce regard qui vous donne l'impression, d'être coupable de toute façon, et, bien, c'est justement, ce regard-là que les pions ont, là, dans cette salle d'études, qui n'a pas été chauffée, depuis trois jours.... Nous sommes, en Novembre... tous les élèves ont froids, jusqu'au fond des os. certes, les radiateurs, ont été mis en marche, un quart d'heure, après que le dernier élève soit entré. Mais, une pièce sans chauffage, pendant trois jours, alors qu'il a fait des températures, en dessous du zéro : c'est un vrai frigo !
Tout à coup, des clés tournent, dans les serrures des deux portes de la salles d'études ! Tout le monde sursaute, y compris les pions ! Les voilà, tous, en prison : les élèves comme les pions ! le silence devient encore plus lourd et plus pesant. est ce que c'est pour cela, que tout le monde entend d'autres bruits de clé ? Solène saisit, que l'on enferme, à clé, dans toutes les classes : les élèves, les professeurs, les pions, tout le monde, quoi ! Solène est jeune, mais, elle discerne que ce n'est pas bon signe.
Solène entend des pas, de gens qui font des va-et-vient... cela lui rappelle la mort, de ses parents.... enfin, plus, exactement, le temps que son frère, et, elle, ont passé, dans le bureau de l'officier de gendarmerie... Ce n'était pas, qu'on ne s'occupait pas d'eux... ce n'est pas de cela, que Solène se souvient, et, dont elle a l'impression de vivre une sorte de remake de mal ficelé.... c'est ce froid, oui, ce froid qui semble l'envahir... Elle ne comprends pourquoi... elle chérissait ses parents, et, ne va pas prétendre adorer Mademoiselle Sergent. Elle se demande, si elle n'est pas sur le point de disjoncter.
Solène se trouve, dans le même état d’esprit, que quelqu’un qui aurait vécu une catastrophe naturelle, industrielle ou un attentat. Aujourd’hui, prendre un toit, sur la tête, semble prendre un sens propre, alors qu’hier, cela n’avait qu’un sens figuré.
Elle jette un œil circulaire et rapide, et, a vraiment l’impression, que ses compagnes et compagnons d’infortune sont plus ou moins, dans le même état d’esprit.
« - La vie nous réserve bien, des bizarreries… » ; songe Solène.
Certes, elle a toujours cette sale impression, d’entendre chaque seconde, s’écouler en elle. Comme cette torture chinoise ou japonaise, qui consistait, à placer une victime, sous un goutte-à-goutte, la personne finissait par devenir folle, parce qu’elle sentait, à intervalle régulier ou irrégulier, des gouttes d’eau tomber, sur sa tête, enfin, sur le front… elle finissait, toujours, par hurler à la mort, à plus ou moins long terme. Solène a lu, que le silence, dans lequel, on laissait le martyr, contribuait, à cette démence. La personne finissait, par n’avoir plus conscience, que de cette goutte d’eau tombant, sur elle. Même, si ce n’était pas douloureux en soi… c’était le fait, qu’il n’y avait plus, que cela, de réel, pour le supplicié, et, que, cela ne s’arrêtait pas… au bout d’un moment, le temps devenait éternité, et, la goutte, le centre de son univers personnel, et, de la douleur. Voilà, ce que ressent Solène.
Toutefois, voir les fiers à bras, les forts en thèmes et les leaders de sa classe se comporter comme elle, voire, comme des bébés, la réconforte grandement. Comme une fantaisie étrange, mais, elle sent, pour une fois, que la cancre de la classe, dénommée Solène, domine cette situation.
Bien que, ses sentiments et émotions, concernant Mademoiselle Sergent, n’aient pas évolué d’un pouce, Solène est étourdie, de ressentir une certaine empathie, à son égard. Pourtant, elle ne peut prétendre avoir été, dans le club, des préférés ou des têtes de turc, de ce professeur. Elle jurerait même, que, si son nom n’avait pas été inscrit, sur la liste d’appel, ce professeur l’aurait zappée, de son existence professionnelle.
Solène a pris pour habitude, depuis qu’elle est hébergé, chez sa tante (la plus jeune sœur de sa mère) et son oncle (le plus vieil homme, de toute la famille maternelle et paternelle), de passer inaperçue, de se faire invisible, et, jouer les caméléons. Beaucoup de gens, après avoir croisé son chemin, l’oublient, dans les trente secondes, qui suivent la rencontre. Ce serait presque comique, si, cela ne la rendait pas, si triste.
Pourquoi, éprouve-t-elle, donc, cette sympathie incongrue, à l’égard de cette femme décédée ? Voilà qui est bien perturbant !
Est-ce que c’est, parce que Solène se trouve snobée, par le monde entier, cette année, et, que Mademoiselle Sergent semble avoir été rejetée, par ses élèves, ses collègues de travail et, sa hiérarchie ? Est ce que c’est, parce qu’on lui a enseigné, dés sa prime enfance, que l’on doit respecter les morts (quoiqu’ils aient pu commettre, de leur vivant) ? Pourtant, Mademoiselle Sergent était, franchement, du genre sadique... Franchement, Solène ne se comprend plus.
CHAPITRE III : LE RETOUR DU PASSE OU L'AMER DU PRESENT
La jeune fille change le fil des pensées, ou, plutôt, celui de ses émotions et de ses sentiments.
Depuis que, ses parents sont morts… 5 ans déjà, plus, même, puisqu’ils sont morts, fin Août… Solène a pris l’habitude de choisir un garçon, qui lui plait… de le regarder, sans avoir l’air de rien.
Elle a conscience, que cette habitude pourrait lui valoir, quelques problèmes.
D’ailleurs, lorsque les autres savent, à demi, qui était « l’heureux élu », de cette année, les moqueries, les railleries et les plaisanteries de fort mauvais goût, ont ponctué ses journées scolaires.
C’est une des autres raisons, de l’épisode « école buissonnière », de cette année.
Cependant, elle a soif d’un peu de lumière, dans sa jeune vie.
Est elle amoureuse, a-t-elle le béguin pour le garçon, en question ?
Franchement, vous lui poseriez la question, Solène serait incapable de répondre, à cela. Ce garçon représente la lumière, pour l’année en cours, une étincelle de bonheur, une plage de paix et, un peu de chaleur imaginaire, dans sa vie.
Plus jeune, en première année de CM1, elle s’était attachée, à une fille, qui s’appelait Sabine.
C’était la première fois, qu’elle rencontrait l’amitié ; elle se rappelle, encore, la chaleur de cette amitié… Solène avait baissé ses défenses… cela faisait, si peu de temps, que ses parents étaient morts… elle se sentait, comme un oiseau perdu, dans une tempête. Sabine représentait un phare, au milieu de la tourmente… Sabine peut prétendre, au titre, de la première meilleure amie de Solène.
Seulement voilà, Sabine a dû partir. Son père avait été muté, à l’autre bout du monde. Sabine est partie, quelques semaines, après les vacances de Noël. C’était le début du mois de Mars. Sabine aimait Solène.
Mais, les parents de Sabine avaient interdit, à leur fille, de donner leur nouvelle adresse, à qui que ce soit. Par contre, ils avaient donné l’adresse de la nouvelle école, et, le nom de son nouvel instituteur, à la maîtresse de Solène.
Pourquoi avaient-ils agi de cette manière ?
Solène se pose, encore, la question. La maîtresse avait décidé, que l’on écrirait une lettre commune, à Sabine, ainsi qu’à tous ses nouveaux camarades. Sabine et les autres avaient répondu…
Mais, une lettre commune, ce n’est pas, comme lorsque vous écrivez personnellement, à quelqu’un. Solène avait l’impression, que cela sonnait faux, ces lettres.
Elle en a encore le cœur gros et, la gorge nouée, par le chagrin. Elle aurait tant voulu garder des liens, avec Sabine, lui écrire ce qui se passait, dans sa vie. C’est vrai, que, cela n’aurait pas été la même chose, que, lorsqu’elles discutaient toutes les deux, mais, cela lui aurait causé un chagrin bien moindre. Solène est certaine, que Sabine, aussi, aurait bien aimé pouvoir, s’épancher un peu, auprès d’elle. Elle se souvient, que son amie avait l’air de vraiment saturer, de trop souvent, de changer d’école. Comment vit-elle, cela, dans un pays étranger ?
Solène, qui avait tenu le choc, après la mort de ses parents, malgré l’hostilité de son oncle et, les visites nocturnes de l’aîné de ses cousins, s’est rebellée. Trop !
Voilà : c’est le mot qui convient, à ce qu’elle avait pu ressentir, à l’époque.
Elle avait fugué.
Au lieu d’aller à l’école, elle avait pris la poudre d’escampette… comme une vieille routarde…elle avait, à peine, 10 ans, à l’époque, ses parents étaient décédés, depuis un an et demi…
Elle était partie, voir sa nourrice, qui les avait gardé, elle et son frère, chaque mois de juillet, jusqu’à la mort de ses parents. Elle s’était envolée, dès matin, son cartable en bandoulière… combien de kilomètres a-t-elle grignoté, ce jour-là ? Elle ne le sait plus vraiment… mais, 4 ou 5 kilomètres, avant le but, elle avait réalisé la folie, de son geste, et, était repartie, dans l’autre sens.
Elle était arrivée, sous les coups de 21 heures, chez son oncle.
Quelqu’un l’avait prise, en stop, dans sa voiture… elle avait fait une grande partie, du chemin du retour, en voiture… Solène a, aujourd’hui, conscience de la chance, qu’elle a eu ce jour-là. Elle aurait pu tomber, sur un détraqué ou un assassin…
Même si, Solène a de sérieux doutes, quand à l’existence de Dieu, elle se demande, si, Dieu, ce jour-là, ne lui a pas donné, un coup de pouce, en lui fournissant, un taxi improvisé.
Autant qu’elle s’en souvienne, son oncle ne l’avait pas frappé, cette fois-là.
Quand elle songe, aux nombres de raclées, qu’elle a reçu, avant et depuis, cet épisode, elle se dit, que là, aussi, elle a eu une chance extraordinaire.
Elle était arrivée, dans le lotissement. Un grand lui avait dit, de se dépêcher de rentrer, que tout le monde se mourrait d’inquiétude.
Ce grand est toujours, dans les parages… pas moyen de faire des blagues, dans le lotissement, il surgit toujours, au moment, où Solène s’apprête, à commettre des actes répréhensibles, ou, peu ordinaires. Solène se souvient de sa tête, lorsqu’il l’a découverte, dans une flaque d’eau, dans le terrain vague d’à côté. Elle n’avait rien trouvé, de mieux, que se déshabiller, de faire trempette, avec ses poupées et ses nounours… il l’avait rhabillée, en un tour de main. Après, comme un chevalier, il l’avait ramené, chez sa tante… il avait assez gentil, pour mentir, et, dire, que Solène était tombée, dans la flaque, en question. Sa tante, vu l’odeur, que Solène dégageait, n’a posé aucune question, et, avait lavé les nounours, à la machine à laver… les poupées avaient posé plus de problèmes. Depuis, elles ont un air de filles, mal débarbouillées, les cheveux rêches et mal fagotées. Mais, Solène les a gardées, parce que, ces jouets représentent le bonheur perdu.
Donc, le grand lui avait dit, que tout le lotissement, tout le quartier la cherchait, depuis 11 h 30. Normal, Solène ne restait pas, à la cantine. L’école primaire est juste, à côté du lotissement… D’ailleurs, le collège n’est, guère, plus éloigné… 10 minutes de marche à pied, environ. Sa tante avait, même, téléphoné, à la police, depuis peu… auparavant, elle avait téléphoné, à tous les services des hôpitaux et assimilés, des environs. Elle venait juste de se résigner, à téléphoner, aux services des forces de l’ordre. Solène se souvient, encore, de sa tante, qui l’avait accueillie, avec des larmes, dans sa voix. Elle l’avait emmenée, dans la salle de bain, avait fait coulé un bain et l’avait déshabillée. Aux questions de sa tante, Solène avait répondu Sabine. Comment dire le reste ? Pour la dernière de sa vie, Solène a pleuré. Solène a eu droit, à une assiette de soupe et un gros bisou, ce soir-là.
CHAPITRE IV : Le Béguin et la honte
Solène, pour l’année scolaire en cours, a sélectionné, deux garçons, pour agrémenter son monde imaginaire.
Le premier s’appelle Ikmat... il est originaire du Moyen-Orient. Ce garçon ressemble, aux descriptions, que l’on fait d’un prince « des mille et unes nuits ». Le cœur de Solène s’emballe, à chaque fois, qu’elle le voit, même, de dos.
Cependant, ce garçon a une très haute opinion de sa personne, et, a, énormément, de fierté. Lorsqu’il a découvert, que Solène, la cancre, avait le béguin pour lui, il l’a descendue, en flammes.
Solène s’était laissée piéger, par des filles de sa classe. Invitée à un anniversaire, les autres filles présentes avaient parlé, de leur petit copain, et, de ceux qui faisaient battre leur cœur (« quelles comédiennes ! », pense Solène). « Cuisinée » et, ne voulant pas passer la niaise de service, Solène a eu le malheur de raconter, qu’Ikmat représentait le mec idéal, à ses yeux. Dire qu’elle avait cru, à la gentillesse de ses filles : le jeudi suivant, Solène a vite compris son erreur.
Ikmat lui a balancé, crûment, qu’elle n’était qu’une mongolienne, et, que jamais, il ne se salirait les yeux, pour la regarder.
Depuis les autres appellent Solène « Mongolita ».
Toutefois, Solène n’a pas dévoilé tous ses secrets.
Cette année, deux garçons font battre son petit cœur : Ikmat et Yannick. Donc, son secret n’est, qu’à moitié éventé.
Ces deux garçons sont, aux antipodes, question physique : l’un possède une chevelure noire légèrement bouclée, avec des yeux noirs, comme un puit sans fond, et, l’autre, est un blond aux yeux verts. Yannick, Yann comme les autres se plaisent à dire ou Yannou comme murmure Solène, ressemble à un dieu nordique.
Ils sont souvent assis, l’un à côté de l’autre. Leur beauté s’en trouve mutuellement renforcée, lorsqu’ils sont prêts, l’un de l’autre. Ils jouent de cet effet, avec recherches et talents. Les autres élèves, et, certains professeurs forment un étroit cercle d’admirateurs, qui naviguent autour d’eux. En outre, ils sont les leaders de la classe, mais, ce ne sont pas, des forts en thème. Loin s’en faut. Solène dirait, que ce sont les voyous de la classe, et, qu’ils influencent fortement leur cercle d’admirateurs. Ils ont conscience de leur beauté et de son effet, sur autrui. Ils ne se privent, pour en user et abuser.
Solène, dans la salle d’études glaciale, regarde ses deux princes. Elle constate, que, pour une fois, ils n’en mènent pas large. Auraient-ils quelque chose, à se reprocher ?
Elle n’a pas oublié le désagréable épisode de septembre. Ils ont circonvenu, un de leurs admirateurs, un élève de sa classe. Ce garçon se place, dans la catégorie des médiocres, pour Solène, et, ses professeurs. Imaginez la surprise, lorsque, mademoiselle Sergent rentrant dans sa classe, l’a trouvé crachant, sur son porte-document. Pourquoi a-t-il commis un acte ? Parce que les leaders lui avaient laissé entendre, qu’il aurait à certains privilèges, s’il acceptait de se commettre de cette manière.
Donc, Solène a les neurones, qui tournent à 300%.
Soudain, la sonnerie de 10 heures retentit.
Tout le monde sursaute comme un seul homme.
On voit arriver des adultes... ainsi, les parents ont été appelés, et, certains sont déjà là.
Dans la salle d’études prévue, pour 120 élèves, on commence à s’agiter. 28 élèves, dans cette salle immense, donne une impression d’être égaré, dans un hall de gare.
La majorité des autres élèves ont deux années de moins, que Solène.
Que voulez-vous, c’est le genre de situation, dans laquelle, vous vous retrouvez, lorsque vous avez doublé votre cours préparatoire, et, votre cours moyen de première année. Certains vous affirmeront le redoublement n’existe plus, et, bien, Solène est la preuve vivante, que cela existe encore. D’ailleurs, si cela n’avait pu être accepté, par l’académie scolaire, Solène se demande souvent, ce qu’elle serait devenue. Déjà qu’elle a du mal, à suivre, alors l’idée d’être, en 4ème voire en 3ème, quel cauchemar !
Mais, être la doyenne signifie être plus grande que les autres. il est bien difficile de passer inaperçue, lorsqu’on se trouve être une grande perche d’un mètre soixante. Solène se demande, si, elle va arrêter de grandir. Elle se sent plutôt gauche et pataude. Une impression d’être dans une peau trop grande pour elle, pourrait bien être, en passe d’être la définition la plus proche, de ce que ressent Solène, pour ce qui touche son physique.
Ceci annonce LA SUITE, dans le prochain épisode.
1. Céréwïn 12/10/2009
Très franchement dés les première ligne on rentre dans l'histoire c'est passionnant. Solène coupable je suis persuadé que non j'attend de savoir la suite avec impatience ^^.
